Qui était l’athlète (ou l’entraîneur) qui a le plus influencé votre approche pour développer davantage le produit SRM ? Qui vous a le plus poussé à vous améliorer ?
Pour être honnête, la plupart des athlètes n’ont pas les connaissances ou l’expérience spécifiques pour réellement imposer des exigences techniques au capteur de puissance. Mais il y avait des athlètes qui étaient particulièrement intéressés et exigeants sur l’équipement et le SRM. Greg Lemond, par exemple, a été le premier athlète à me contacter pour utiliser le capteur SRM pendant une course. Il l’a utilisé lors de son retour au Giro d’Italia en 1994, avec l’équipe GAN. L’autre grand innovateur était Bjarne Riis. Il a été le premier à gagner une course avec un capteur de puissance sur son vélo pendant la course. C’était l’Amstel Gold Race en 1997. Il m’a envoyé les données, j’ai pu voir les watts qu’il produisait dans la dernière heure quand il était seul et comprendre le niveau nécessaire. J’ai commencé à travailler avec Bjarne en 1996, lorsqu’il a rejoint l’équipe Telekom et leur a dit qu’il voulait gagner le Tour de France. Ils ont dit à Bjarne “tu vis dans les nuages”. Mais il ne s’est pas laissé décourager. Il a pris rendez-vous avec Fausto Pinarello, est allé les voir pour voir quels vélos Indurain avait utilisés pour gagner le tour ces cinq dernières années, est allé à Majorque avec moi, a fait des tests aérodynamiques… Puis il a gagné le TDF 1996. Les athlètes comme Lemond et Riis n’ont pas nécessairement changé la façon dont j’ai conçu mon produit, mais ils l’ont rendu public et ont fait mieux connaître l’utilisation de la technologie pour améliorer l’entraînement.
Y a-t-il eu d’autres inventions ou innovations auxquelles vous avez participé qui proviennent d’une demande directe d’un athlète, d’un entraîneur ou d’une fédération?
La fédération allemande m’a demandé de créer un ergomètre qui permettrait aux coureurs pendant les tests de garder une cadence constante. Ils voulaient que cela comprenne la cadence qui vous permet d’obtenir une puissance optimale. Les résultats étaient intéressants : pour les sprinteurs sur piste, la cadence pour une puissance optimale était de 160rpm, pour les triathlètes de 95. Une autre demande était de mesurer les plateaux ovales par rapport aux plateaux ronds et les différentes longueurs de manivelle. Mais sur ces critères, nous ne pouvions pas voir de différences significatives.